![]() |
|
Une des premières choses que le Taiji Quan peut nous apporter est la prise de conscience de l’état de tension du corps. Nos articulations sont un des endroits privilégiés où ces tensions peuvent s’accumuler. La 1ère partie du cours va donc viser à relâcher, à décontracter, à échauffer nos articulations par des exercices simples et doux. Nous allons nous attacher à effectuer des mouvements lents, continus et circulaires en passant en revue chacune de nos articulations. Le respect de cette triple consigne (lenteur, continuité et rondeur) va également nous obliger à porter notre attention sur l’articulation sollicitée et, dès lors, déjà placer notre mental sur une position d’écoute, vitale dans la pratique de cet art martial. Le Taiji Quan est un art martial interne. Les arts martiaux externes privilégient, eux, la force musculaire ou le durcissement du tranchant de la main. Le taiji Quan, quant à lui, fait appel à nos ressources internes, présentes en chacun de nous. Le Taiji Quan est aussi appelé l’art martial des os et des tendons. Nous possédons donc tous le matériel nécessaire ! Ce qui fait la force et l’efficacité du Taiji Quan, c’est le bon alignement de ces os et tendons. Une certaine souplesse est dès lors requise. Nous travaillons principalement la souplesse et l’étirement de la chaîne musculaire arrière. Par des exercices progressifs spécifiques, nous recherchons à augmenter notre capacité à « lever » les tensions musculaires externes afin d’entrer en contact avec notre structure véritable plus profonde.
Savoir se tenir debout avant d’essayer de marcher ou maîtriser le clavier du piano avant de tenter d’entamer une sonate : voilà autant d’évidences qui se vérifient dans l’apprentissage du Taiji Quan. Nous passons en revue les 5 postures de base qui, chacune, apporte un élément essentiel. Celui-ci devra, idéalement, se retrouver dans la pratique de la forme complète. Aborder ces éléments séparément, par le biais d’une posture statique, permet de mieux les percevoir. La conscience de sa verticalité, de son ancrage, de son équilibre, de la tension juste, de la synchronisation des mouvements : voilà les notions fondamentales qui donneront un sens à notre pratique du Taiji Quan. Même après quelques années de pratique, ces postures de base continuent à nous aider à intégrer d’autres notions plus « profondes » comme, par ex., le lâcher-prise, la détente juste, le lien avec la respiration ou encore la conscience de l’intention et de notre Centre. C’est dans cette 4e partie que les mouvements techniques sont abordés. Leur difficulté est en rapport avec le niveau d’apprentissage. Chaque année a son propre programme. Chaque mouvement est d’abord vu dans son ensemble puis est décomposé, segment par segment (mains, pieds, les 2 ensemble). L’approche « technique » permet d’établir la solidité des bases du Taiji Quan. Le mouvement juste nécessite la connaissance du point de départ, du point d’arrivée ainsi qu’une conscience de la trajectoire correcte. La mise en évidence de ces points de passage et la répétition de ces mouvements mèneront à une pratique sensée, plus profonde du Taiji Quan où, en s’appuyant sur la technique, nous arrivons à la dépasser pour, enfin, sentir. Sentir la levée des tensions inutiles, sentir notre ancrage au sol et notre étirement vers le ciel, sentir notre respiration, calme, rythmée avec nos mouvements, sentir la conscience de « l’autour-de-nous » devenir plus aiguë, sentir notre mental serein et attentif. Bref : revenir à l’ici-et-maintenant et habiter pleinement l’instant-présent.
|